L’archipel du Chien



Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que quelque chose allait se produire.
Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans brise aucune. L’air semblait s’être solidifié autour de l’île, dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait  ça et là l’horizon quand il ne l’effaçait pas : l’île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des  vergers frémissaient comme si soudain elles redevenaient liquides. Les maisons très vite se trouvèrent gorgées d’une haleine éreintante qui épuisa les corps comme les esprits. On ne pouvait y jouir d’aucune fraîcheur. Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée, ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche, de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en  heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète, pour tout dire clandestine

An island. An island of the Dog Archipelago. Inhabited by a community of men making a living off the fishery, wine growing, olive trees and caper shrubs. An isolated island on which 3 bodies are found on the shores one morning. Who are they? What to do with their mortal remains? Should the inhabitants forget about this event or on the contrary trying to understand what happened, even if it could be dangerous?

Sources:

https://www.editions-stock.fr/livres/la-bleue/larchipel-du-chien-9782234085954